Conférence de Jean M. Gagné pour Fondations communautaires du Canada – Évènement Reconnecte

Conférence de Jean M. Gagné pour Fondations communautaires du Canada – Évènement Reconnecte

8 juin 2023

Événement Reconnecte

Fondations communautaires du Canada

1er et 2 juin 2023, Toronto 

 

Conférence de M. Jean-M. Gagné président du conseil d’administration de l’Institut Mallet

Mesdames, messieurs,

Merci de votre accueil.

Je suis très heureux d’être avec vous aujourd’hui et de participer à ce grand rassemblement des fondations communautaires du Canada.

C’est avec plaisir que j’ai accepté l’invitation lancée par Claude Lestage conseiller en mobilisation du réseau francophone des Fondations communautaires du Canada.  Je connais Claude depuis maintenant plusieurs années. Nous avons eu l’occasion d’échanger à propos de mes divers engagements philanthropiques et certaines de mes expériences professionnelles, notamment celles en négociations avec les communautés autochtones, qui inspireront cette conférence. Ma présentation sera donc davantage axée sur des expériences terrain que sur le contenu de diverses études, recherches ou analyses qui ont pu être réalisées dans le temps sur le sujet.  Il m’a aussi demandé de vous partager mon rêve pour le secteur de la philanthropie, ce qui m’a inspiré.

Je félicite les organisateurs de reconnecte 2023.

Je salue le dynamisme et la générosité de votre grande communauté philanthropique.

Les Fondations communautaires du Canada sont un pilier de l’écosystème philanthropique au Canada.

Ce réseau qui a célébré ses 100 ans en 2021 est unique.

Vos recueils statistiques signes vitaux que vous publiez à intervalle régulier, et que vous partagez avec les communautés, sont des portraits incontournables de la vulnérabilité sous toutes ses formes au Canada.

Les Fondations communautaires sont inspirantes par leur modèle si particulier : une extraordinaire expertise en gestion de fonds, doublée d’une écoute sensible des donateurs pour leur permettre de soutenir la cause qui leur est chère.  De plus, il faut mentionner que les fondations communautaires accompagnent les donateurs à identifier les causes qu’ils pourraient supporter. Il s’agit là d’une proximité unique tant avec les donateurs qu’avec les bénéficiaires ou les causes et ce, dans un contexte de pérennisation du don.

Bravo aux Fondations communautaires du Canada.

Ainsi aujourd’hui :

  • Je vais vous présenter succinctement l’Institut Mallet;
  • Je vais aborder les défis que pose ce monde en transformation, à la philanthropie;
  • Je ferai un retour sur la pandémie, ses impacts et les apprentissages que nous pouvons en tirer;
  • Et j’essaierai de voir comment se présente l’avenir de la philanthropie.

Merci d’accueillir l’Institut Mallet dans votre conférence.

***

L’Institut Mallet et la promotion de la culture philanthropique

L’Institut Mallet a pour mission de contribuer à l’avancement de la culture philanthropique en plaçant le don de soi au cœur des priorités de la société. Pour y parvenir, l’Institut Mallet soutient le développement et le partage de savoirs et suscite le dialogue autour des actions individuelles et collectives. La culture philanthropique est un ensemble de valeurs, d’attitudes, de comportements et de mesures qui engendrent le don de temps, d’expertise, d’argent ou de biens.

Nous visons à placer le don de soi au cœur des priorités de la société.

Nous croyons qu’une société qui valorise le don, cultive le mieux-être.

L’Institut Mallet se définit aussi comme un carrefour inclusif de partage et de mise en valeurs des savoirs, des pratiques et des innovations qui mobilise l’ensemble des acteurs de la société, dans le but d’encourager le don de soi. C’est-à-dire qu’il est un espace neutre de mobilisation des acteurs liés aux dons, qui leur permet des échanges constructifs et inspirants, pour aboutir, notamment, à de meilleures pratiques ou une meilleure connaissance réciproque.

Notre organisation, établie dans la ville de Québec, est née en 2011 d’une collaboration entre une communauté religieuse, la Congrégation des Sœurs de la charité, et des institutions civiles :  l’Université Laval, la ville de Québec, l’Université du Québec à Montréal, l’Université Concordia, le Réseau d’action bénévole du Québec, Centraide, la Fondation Lucie et André Chagnon, des philanthropes et la Fondation du grand Montréal, qui est membre bien sûr des Fondations communautaires du Canada.

Nous aidons la philanthropie à mieux se connaître. Nous nourrissons une conversation sur la philanthropie pour mieux la promouvoir, et pour avoir une compréhension commune de ce qu’elle est et de ce qu’elle peut devenir.

Au quotidien, nous organisons des forums, nous réunissons les acteurs de l’écosystème, nous diffusons de l’information, nous participons à des études.

Par exemple, nous avons notamment réalisé pour le compte de l’état une étude sur la reddition de compte où l’ensemble des acteurs terrain et gouvernementaux ont été conviés à une conversation dans le but d’identifier les différents enjeux sur les redditions de comptes multiples qui se croisent entre le secteur privé et le secteur de l’état.

De plus, pendant la pandémie, nous avons réalisé une recherche action sur l’agilité des organisations philanthropiques dans un contexte de bouleversements des structures, des moyens et de l’environnement qui se transforme.

De toutes ces façons, nous suscitons la réflexion sur le don de soi et nous tentons d’inspirer les gens à participer à leur manière à l’entraide et à la solidarité.

 

 

En plus de 10 ans d’existence, nous avons tenu trois sommets sur la philanthropie qui ont réuni des centaines de participants.

  • Le sommet de 2013 a porté sur les visages et la transformation de la philanthropie. Il a permis, entre autres, de dessiner un cadre général pour la compréhension et l’analyse de la philanthropie en tant que système, de définir les bases d’une culture philanthropique sociétale et organisationnelle et enfin d’identifier la spécificité du Québec dans le domaine de la philanthropie.
  • Il est alors conclu qu’outre le gouvernement du Québec qui fait partie de l’environnement philanthropique, ce sont principalement les organismes à but non lucratif et de bienfaisance qui posent la question de la spécificité d’une philanthropie québécoise et qui font qu’il existe effectivement une philanthropie québécoise.
  • Cette spécificité s’impose lorsqu’on tient compte des dimensions qualitatives de nature institutionnelle, politique et culturelle comme plusieurs études l’ont mis en lumière. À la différence des autres provinces canadiennes, les regroupements intersectoriels des organismes à but non lucratif et de bienfaisance se limitent le plus souvent au Québec avec l’état québécois comme principal interlocuteur et financeur. Des programmes de soutien aux organismes communautaires, avec un financement à la mission de base sont uniques non seulement au Canada, mais ailleurs dans le monde. De même, les outils de développement dont disposent les coopératives et les organismes à but non lucratif au Québec peuvent être considérés comme incomparables à ce qu’on trouve à l’échelle du Canada.
  • Le sommet de 2015 a porté sur l’écosystème philanthropique, ses perspectives et ses perceptions.

Ce sommet a été l’occasion de :

Soulever la question des besoins et les ressources nécessaires pour y répondre

De définir l’écosystème philanthropique

D’identifier des innovations pour répondre aux besoins en transformation

  • Puis en 2017, le sommet a été consacré à la culture philanthropique au cœur de la ville.

Ce sommet a permis de dégager plusieurs constats dont :

Les grandes tendances et les innovations doivent nourrir le secteur philanthropique et gagnent à être adoptées, mais surtout adaptées au contexte local.

Le milieu philanthropique se transforme et mise sur la collaboration et l’innovation.

Les relations entre les acteurs philanthropiques se multiplient et se redéfinissent ce qui permet de mobiliser de nouveaux acteurs

Accroître la visibilité de l’impact du secteur philanthropique permet de mobiliser de nouveaux acteurs.

Nous sommes maintenant à pied d’œuvre pour préparer notre quatrième sommet qui aura lieu en novembre prochain.

Le thème sera ensemble pour un nouvel élan.

  • Il y sera question d’un nouveau rôle de la philanthropie et de la complémentarité des rôles;
  • D’un nouveau leadership au sein des écosystèmes de philanthropie;
  • De nouvelles formes de philanthropie.

Les conférenciers, les panélistes et les participants seront appelés à répondre à plusieurs questions sur ces enjeux.  Pensons, entre autres :

  • Comment les défis actuels font-ils évoluer les rôles des divers secteurs ?

 

  • Comment les acteurs philanthropiques doivent-ils interagir avec les autres secteurs ?

 

  • Quels types de leadership sont considérés comme adéquats pour relever les nouveaux défis ? En quoi sont-ils différents des précédents ?

 

  • Comment les leaders du milieu philanthropique doivent-ils se positionner et interagir avec des leaders d’autres secteurs ?

 

  • Quelles pratiques innovantes ont émergé au cours des dernières années, notamment dans le contexte pandémique ?

 

  • En réponse à quels défis ? Quelles en sont les conditions de succès et les grands apprentissages ?

 

  • Comment l’innovation et la créativité sont-elles cultivées et valorisées dans les organisations et les réseaux ?

 

Ce sera le premier sommet après la pandémie. Une occasion unique de se rassembler pour réfléchir et échanger sur l’avenir de la philanthropie.

Ce sera un sommet qui s’inscrit dans les grandes transformations du monde et de nos sociétés : nous pouvons penser aux inégalités sociales, à la santé et le bien-être, aux changements démographiques, aux défis environnementaux, à l’accélération des changements technologiques et aux nouvelles formes d’économie.

 

J’espère que vous y serez.

Nous serons très heureux de vous accueillir.

Notre 4e sommet se tiendra les 14 et 15 novembre prochain au Centre des congrès, au cœur du Vieux-Québec.

***

Le contexte des dernières années

Le monde vit des transformations importantes et la philanthropie comme elle l’a toujours fait doit s’adapter.

Mais les années 2020 sont exigeantes.

Parce que les changements sont partout et très profonds.

Quand je regarde le portrait global, je vois deux grands types d’événements transformateurs.

Des situations qui bouleversent le monde sur un long terme :

  • Comme les changements climatiques.
  • Comme les conflits géopolitiques.

Ou des événements qui sont des chocs et qui créent une urgence humaine.

  • Comme une épidémie.
  • Une famine.
  • Un tremblement de terre.

Traditionnellement, la philanthropie excelle dans les situations de choc.

La philanthropie est agile, capable de se mobiliser rapidement, capable de déployer une action de secours rapide.

Les organisations philanthropiques peuvent fournir de l’argent, de l’équipement, de l’expertise.

La philanthropie est très compétente pour réparer et soulager.

Mais la philanthropie répond faiblement aux grands bouleversements.

Pour plusieurs raisons.

  • Parce que les causes sont souvent lointaines ou imprécises.
  • Parce que les moyens nécessaires sont souvent très importants.
  • Et parce que les effets des gestes et des dons sont souvent peu visibles, donc la mobilisation des donateurs est plus difficile.

Pour les grands bouleversements, on se tourne plus spontanément vers les gouvernements et les grandes entreprises.

 

Les grands bouleversements, comme les changements climatiques, peuvent créer des urgences, mais leur solution implique des changements dans les habitudes de vie, de consommation, de déplacement.

Nous avons donc une philanthropie réparatrice qui est précieuse et essentielle en cas de choc humain.

Je crois que nous devrons maintenant développer une philanthropie qui peut aussi être transformatrice, pour jouer un rôle actif dans l’évolution de la société.

Nous le faisons déjà.

Beaucoup d’organisations philanthropiques font œuvre utile sans qu’il y ait urgence.

Ce sont des œuvres d’intérêt général.

Le sport amateur, les arts, la culture, les jardins botaniques.

Il est donc possible de mobiliser des donateurs pour une raison qui ne tient pas de l’urgence, mais qui supporte une vision positive de la société.

Les Fondations communautaires du Canada le font beaucoup.

Cette capacité d’intervenir de façon solidaire pourrait être développée et orientée vers des défis transformateurs.

 

***

Impact de la pandémie

Quand on pense aux deux catégories d’événements, les bouleversements à l’échelle internationale et les chocs humains, comment pourrait-on catégoriser la pandémie?

La pandémie touche les deux catégories.

C’est ce qui en a fait un événement inédit.

Un événement mondial.

Un événement qui a semé de la détresse jusque dans nos quartiers, ou nos familles.

Et un événement qui a entraîné des transformations durables de la société.

Il vaut la peine de s’y arrêter quelques instants.

Voyons l’impact de la pandémie :

  • Sur le don.
  • Sur la société.
  • Sur les organisations philanthropiques.

***

  1. Sondage

 

Devant le caractère inédit de la pandémie, nous nous sommes demandé comment allaient réagir les québécois.

  • Est-ce que les gens allaient donner plus, considérant la détresse causée par la situation sanitaire?
  • Ou allaient-ils donner moins, pensant d’abord à se protéger eux-mêmes?

Alors nous avons fait un sondage pour le savoir.

Et nous avons vu que les québécois se sont montrés généreux.

Au cœur de la pandémie, ils ont été plus nombreux à donner et plus nombreux à donner plus.

Notre premier coup de sonde a été fait en aout 2020, suivi d’un second en février 2021 et d’une troisième phase en février 2022.

Enfin, nous avons refait ce sondage pour la 4e fois, au début 2023. Ces sondages ont été réalisés par la firme léger.

Toute cette démarche nous permet d’identifier des tendances et sur les dons faits au Québec.

La principale tendance que l’on dégage : c’est que les québécois ont maintenu leur élan de générosité et l’ont même accentué depuis le début de la pandémie.  De plus, on a pu constater que les québécois sont davantage sensibilisés aux divers besoins et que la pandémie a été une occasion de mieux connaitre le travail fait par les organismes d’aide.

Lors du dernier coup de sonde, la pandémie tirait à sa fin, mais la hausse du coût de la vie et du logement pesait alors sur la population.

  • Ce sondage récent nous dit que 80 % des Québécois ont donné dans les 12 mois précédant le sondage.
  • Or, ce qui est très intéressant, c’est que ce chiffre est en augmentation constante depuis 2019.
  • Le nombre de personnes qui donnent de l’argent, du temps, des biens ou des denrées continue d’augmenter.
  • Et la valeur moyenne des dons augmente.

246 $ en 2022 et l’intention de don se chiffre à 308 $ pour 2023.

Ainsi on observe que les dons se stabilisent.  Et ce, malgré les craintes que ce soit la pandémie qui avait généré plus de générosité.

De plus, on note une volonté de certaines personnes de retourner faire du bénévolat, particulièrement pour celles qui en ont déjà fait.

On le sait, les organismes ont dû faire face au manque de main d’œuvre, jumelé à la baisse de bénévoles.  Il s’agit d’une tendance intéressante, si celle-ci se concrétise.  Les bénévoles étant une richesse inestimable pour plusieurs organisations d’aide ou philanthropiques.

Le sondage nous indique que l’aide aux personnes vulnérables et démunies demeure au sommet des causes prioritaires des répondants.  Viennent ensuite, dans l’ordre, l’enfance et l’éducation, la recherche médicale, les personnes âgées, la violence envers les femmes et la protection de l’environnement.

Un autre phénomène que nous pouvons observer dans le cadre de ce sondage, et qui est fort encourageant pour les années avenir, c’est que parmi les répondants qui prévoient faire un don cette année,

C’est dans les tranches d’âge 18-24 ans et 25-34 ans que l’on retrouve les intentions les plus fortes – et de loin – de donner davantage en 2023 qu’en 2022.  Il s’agit là d’un constat, espérons-le, porteur d’avenir.

Enfin un autre fait intéressant, c’est que sensibilisés à l’impact de la situation économique, certains répondants, dont les capacités financières le permettent, disent vouloir donner davantage ayant plus conscience des besoins grandissants.

D’autres sondages, ailleurs au Canada et en Europe, ont plutôt montré un recul du don dans la dernière année.

Ce pourrait être l’effet de l’inflation qui réduit l’argent disponible chez plusieurs donateurs. Il est certain que nous devrons suivre si l’inflation aura un impact sur les dons.

Il faut donc attendre pour voir quelle sera la réaction, à long terme, des donateurs confrontés à ce phénomène.  Nous pouvons aussi penser qu’actuellement et pendant la pandémie, les ménages ont pu épargner beaucoup plus qu’à l’habitude et donc les moyens financiers des donateurs se sont améliorés par rapport à la période pré-pandémie.

Il faudra un peu plus de recul pour départager les causes et les effets.

Mais je crois profondément que la pandémie a sensibilisé les citoyens à l’importance de l’entraide.

Parce que la pandémie a révélé la fragilité de nos sociétés.

***

  1. Impacts sur la société

 

La pandémie a donc aussi eu un impact transformateur sur la société.

Nous avons vu le retour en force de l’état.

  • L’état protecteur, agissant en collaboration avec des organisations philanthropiques, pour soigner et soulager la souffrance.
  • L’état compatissant, qui offre de l’aide monétaire aux particuliers et aux entreprises.
  • L’état directif, qui prescrit des comportements: distanciation, masque, vaccination, entrave au voyage.

Cette présence obligée de l’état a contribué à un certain mécontentement, à une érosion de la qualité du débat public.

La pandémie et les réseaux sociaux ont alimenté une flambée d’incivilité.

Puis, dans une autre dimension, la pandémie a transformé l’économie. La pandémie a amené la transformation la plus importante de la vie professionnelle depuis l’arrivée d’internet : le télétravail.

En quelques jours, une activité économique de milliards de dollars et de milliers de travailleurs s’est redéployée à distance.

Jamais une telle conversion de l’économie n’aurait été possible sans un événement de force majeure comme la pandémie.

Le télétravail fait désormais partie de la vie quotidienne.

 

***

  1. Impacts sur les organisations philanthropiques

 

Enfin, la pandémie a influencé le travail des organisations philanthropiques.

 

Le choc initial a été brutal.

Comment fonctionner avec la distanciation?

Comment répondre aux besoins alors que tant de bénévoles et employés sont malades ou ont été exposés au virus?

 

Puisque nous étions dans l’inédit, nous avons agi en dehors des cadres habituels.

Sous la pression de la nécessité, nous avons innové.

 

Les fondations et les organismes de terrain ont pu agir avec beaucoup plus d’autonomie et de liberté.

Ce qui a entraîné et facilité l’établissement de collaborations inusitées et efficaces.

 

Or, ces événements ont fait émerger ce qu’on pourrait appeler un entrepreneuriat de solidarité.

 

Nous avons appris à répondre rapidement aux demandes, à travailler autrement, à établir des relations plus fluides avec les bénéficiaires, les donateurs et les organismes sur le terrain.

 

Nous avons appris l’importance de la technologie.

  • Pour mieux solliciter à distance.
  • Pour mieux cibler les personnes dans le besoin.
  • Pour mieux rejoindre les donateurs.
  • Pour mieux organiser la collaboration.

 

Dans la foulée de la pandémie, il y a eu un changement structurel que nous devrions pérenniser.

 

La situation sans précédent a exigé une capacité d’agir rapidement, avec moins de structure ou de complexité, et ce, pour plus d’impact quant à la réponse aux besoins. En somme, les partenaires se sont mis en action avec des structures d’exécution simplifiées mais axées sur la réponse aux besoins, le tout basé sur la mise en commun des ressources et la confiance mutuelle.

 

D’ailleurs, le projet mené par le Consortium Covid Québec illustre bien la force que peut prendre une action concertée et axée sur les besoins.  Issu d’un regroupement de fondations composé des fondations Jarislowsky, Molson, Saputo, Trottier et d’autres partenaires, le Consortium Covid Québec qui a été lancé au printemps 2020, a été administré par la fondation du grand Montréal, en collaboration avec fondations philanthropiques Canada.

 

L’objectif commun était bien clair :   freiner la transmission de la covid-19 et de protéger les personnes vulnérables. Pour ce faire, il offre notamment son soutien aux campagnes de dépistage, puis de vaccination.

 

À partir de l’automne 2020, plusieurs plans d’action communautaires (pac) de lutte contre la covid-19 sont déployés dans le grand Montréal. Ils réunissent des centaines d’acteurs communautaires, municipaux et de la santé. Au fil des mois, les bailleurs de fonds y ont investi plus de 12,5 m$. Cette somme a financé des activités de communication et de sensibilisation, de mobilisation communautaire et de soutien matériel et psychosocial aux personnes. L’appui de la Croix-Rouge canadienne a aussi été essentiel dans cette démarche.

 

Voilà donc un exemple bien concret de collaboration au bénéfice de la population.

Nous pouvons aussi penser à la création récente du collectif amplifier Montréal réunissant des fondations philanthropiques pour lutter contre la crise du logement et la crise climatique.

 

Ces projets, et bien d’autres, nous démontrent que nous sommes devenus plus agiles, plus collaboratifs, plus efficaces.

 

*** 

La suite et le rêve

 

Maintenant, où est-ce que cela nous mène?

Nos sociétés vivent des changements profonds.

La philanthropie réparatrice, toujours essentielle, continuera de soulager la détresse.

 

Notre époque appelle aussi une philanthropie transformatrice qui s’investira dans des évolutions positives et à plus long terme de la société.

 

La pandémie, par son ampleur, à la fois planétaire et locale, à la fois tragique sur le plan humain et transformatrice sur le plan systémique, aura amené les organisations philanthropiques à innover.

Quand je pense à la suite, je pense qu’il faut d’abord conserver cela.

Cette capacité d’innover.

Cette capacité de collaborer.

Cet élan d’interphilanthropie.

Et ce virage plus technologique qui permet de renforcer tous les outils de gestion et d’analyse.

 

Les crises sont des accélérateurs de développement.

 

La pandémie a permis à l’écosystème de philanthropie de moderniser ses façons de faire et cet écosystème se trouve aujourd’hui en meilleure position pour aider la société à relever les défis complexes qui sont devant nous.

 

La philanthropie est aujourd’hui plus forte.

L’autre élément d’importance à considérer, c’est la relève.

 

Dans les organismes communautaires, comme dans les grandes et petites fondations, nous voyons arriver une nouvelle génération de leaders.

 

Des femmes et des hommes qui ont grandi dans un monde connecté, qui ont une pensée réseau, plus horizontale, moins en silo.

 

Des philanthropes pour qui la relation entre les individus, l’environnement, le vivre ensemble est un continuum bien intégré.

 

Les valeurs qui animent la génération montante vont faire éclore la philanthropie de demain dont on voit déjà se dessiner les contours.

 

***

Alors que l’inquiétude est un sentiment répandu dans la société,

 

Je suis plutôt d’un optimisme prudent.

 

Je crois que la gravité des événements des dernières années nous a ouvert les yeux et nous a rendus meilleurs.

 

Je crois que nous comprenons tous aujourd’hui, qu’il y a assez de richesse dans ce pays et dans ce monde, pour soulager la détresse.

 

Nous comprenons aussi, parce que nous avons réalisé la fragilité de nos systèmes et de nos organisations, que nous avons besoin les uns des autres. Notre capacité à nous entraider est vitale.

 

Nous comprenons aussi que la philanthropie si essentielle est aussi universelle.

Tout le monde peut donner.

Que ce soit un million de dollars, 10 heures temps, un chargement de légumes ou une œuvre d’art…

Il n’est pas nécessaire de posséder pour donner.

Il n’est nécessaire que de penser à l’autre pour donner ce qu’on peut.

Je rêve de cette philanthropie universelle et sans hiérarchie.

Où cultiver le don quel qu’il soit, revient à mieux cultiver le vivre ensemble.

Voilà en peu de mots, l’état de notre réflexion à l’Institut Mallet.

 

***

Mesdames, messieurs,

Vous rencontrez a été une grande joie.

J’espère vivement vous revoir à Québec l’automne prochain pour notre 4e sommet.

 

Longue vie aux Fondations communautaires du Canada.

À bientôt,

 

Merci.

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