Actualités
Sondage: La relève en philanthropie au Québec
14 novembre 2025
Actualités
La philanthropie québécoise est en pleine transformation et la relève jouera un rôle déterminant dans cette évolution. Les jeunes adultes de 18 à 40 ans, qu’ils soient étudiants, travailleurs ou jeunes parents, posent déjà une multitude de gestes d’entraide et de solidarité. Pourtant, leur rapport à la philanthropie est marqué par un paradoxe : ils agissent en philanthropes, mais ne se reconnaissent pas toujours comme tels et peinent à situer leurs contributions générationnelles.
Le sondage Léger – Institut Mallet sur la relève en philanthropie au Québec (2025) met en lumière ce décalage et ouvre des pistes précieuses pour les organismes qui souhaitent renforcer leur lien avec les nouvelles générations et les mobiliser autour de leurs causes.
Comme pour les autres générations (voir sondage 2023 de l’Institut Mallet), la philanthropie n’est pas totalement étrangère aux 18-40 ans, mais son sens profond leur échappe encore.
Au moment de prendre part à l’étude, moins d’un répondant sur deux affirme savoir ce qu’est la philanthropie (46%), et pour la plus grande part, cette connaissance demeure partielle (connaît plutôt bien : 38%, connaît très bien : 8%).
L’avancement en âge (et l’expérience de vie), la poursuite d’études universitaires (et sans doute la profession exercée à terme), de même que la proximité de la métropole, un milieu marqué par une concentration plus importante de populations vulnérables et d’organismes communautaires, semblent favoriser une meilleure compréhension, sans toutefois combler entièrement le flou.

Lorsque questionnés sur la définition de ce qu’est la philanthropie, les répondants parviennent à mentionner spontanément des éléments qui la composent : valeurs humaines (gentillesse, bonté, bienveillance, altruisme, générosité, solidarité, etc.; 25%), don (23%), causes sociales ou culturelles et œuvres de charité (17%), aide aux personnes vulnérables (11%) et actions sociales et communautaires (9%).
C’est donc dire que la philanthropie n’est pas un mot totalement inconnu pour plusieurs… bien que près d’un jeune sur cinq n’avait jamais entendu ce mot avant de prendre part à l’étude (18%).
Donc, si la notion reste floue et que ces derniers ont du mal à s’y reconnaître pleinement, ils en perçoivent cependant assez bien les objectifs et les visées qu’elles soient réparatrices ou transformatrices.

Pour les organismes, cela représente donc une double mission :

Malgré cette méconnaissance, les gestes posés par les jeunes témoignent d’une véritable culture philanthropique et d’une véritable générosité.
En effet, dans les 12 derniers mois :
La générosité s’exprime aussi par des gestes émergents :

À noter également, que ces gestes ne sont pas ponctuels et que, malgré un contexte incertain, une majorité compte maintenir son soutien et une part non négligeable prévoit l’augmenter. Il s’agit bien évidemment d’un potentiel à mobiliser pour les organisations.
Pourtant, 43 % des répondants ne savent pas s’ils ont déjà posé un geste philanthropique, et 21 % croient ne jamais l’avoir fait.

Autrement dit, les jeunes sont beaucoup plus philanthropes qu’ils ne le pensent. En cela, ils ne différent pas des autres générations de Québécoises et Québécois.
Pour les organismes, il s’agit d’une occasion unique : reconnaître, nommer et valoriser ces formes variées de contribution afin de renforcer le sentiment d’appartenance à la communauté philanthropique et de mobiliser leur potentiel d’action.

Les causes et valeurs importantes aux yeux et au cœur des 18-40 ans, montrent leur singularité.
En effet, la philanthropie des 18-40 ans s’ancre dans des valeurs universelles comme le respect (67 %), la justice (35 %) et l’humanité (34 %). Ces valeurs orientent leurs priorités de don et d’engagement.

Parmi l’ensemble des propositions, les enfants vulnérables (38%) et la santé mentale (34%) ressortent comme les causes auxquelles les jeunes seraient les plus enclins à contribuer, que ce soit par de l’argent, du temps, de l’expertise ou des biens matériels.
Les causes les plus mobilisatrices pour eux montrent une vraie spécificité:
Voir apparaître la santé mentale en seconde place des causes mobilisatrices traduit non seulement une évolution dans les mentalités, mais également une part de leur réalité quotidienne qui diffère des générations précédentes.
À noter aussi que la protection de l’environnement n’arrive qu’en huitième place du classement (19%), alors qu’on la décrit souvent comme leur principale préoccupation. Difficile cependant d’en tirer une conclusion claire.

Quel que soit leur profil, les répondants donnent d’abord et avant tout par altruisme (51%), en soutien à une cause ou un organisme qui leur tient à cœur (42%) ou pour s’engager dans leur communauté (32%).
À noter que les jeunes femmes priorisent davantage les causes liées aux enfants et à la violence faite aux femmes, tandis que les jeunes hommes se tournent un peu plus vers l’environnement et l’aide internationale.
Ces résultats confirment que les organismes doivent adapter leurs approches aux sensibilités et aux réalités sociales qui interpellent directement les jeunes adultes.

À l’image des autres générations, la philanthropie se transmet par l’exemple : 85% des jeunes affirment qu’une personne leur a appris l’importance de donner, un rôle porté d’abord par les parents, ensuite par l’entourage proche :
Les parents : 54%
La famille : 35%
Les ami.es : 21%
Les enseignant.es : 17%
Ce qui qui signifie évidemment que les jeunes qui ne sont pas entourés par des proches sensibilisés à l’engagement ou donnant régulièrement sont moins susceptible de poser les gestes eux-mêmes.
Ainsi, le sondage révèle l’importance de l’éducation dans la construction d’une culture philanthropique durable :

Plus important encore, l’école apparaît comme le lieu idéal pour s’approprier les fondements de la philanthropie et de l’engagement social. Elle est perçue non seulement comme un espace naturel d’apprentissage, mais aussi comme un levier stratégique pour former des citoyens plus engagés, responsabilisés et outillés envers le bien commun.
Et les retombées perçues sont nombreuses : meilleure compréhension du travail des organismes de bienfaisance (86%), meilleure compréhension des enjeux sociaux (85 %), meilleure compréhension des façons de s’engager ou des lieux pour le faire (85 %), et même un désir plus durable de s’impliquer (81 %).

Pour les organismes, cela ouvre un champ d’action stratégique : s’allier au milieu de l’éducation pour favoriser une initiation précoce à la philanthropie, qui se traduit plus tard par des gestes concrets de don et d’implication.

Interrogés sur la contribution spécifique de leur génération à la philanthropie, les jeunes donnent des réponses éparses. Malgré des valeurs fortes et la reconnaissance de diverses contributions possibles, les 18-40 ans peinent à définir une identité générationnelle claire en philanthropie : leur apport leur apparaît diffus, transversal plutôt que spécialisé.
Les plus fréquemment mentionnées sont :
.
Cependant, près d’un répondant sur cinq (18 %) avoue ne pas savoir quelle est la contribution de sa génération. Ce constat révèle que la relève ne parvient pas encore à définir une identité philanthropique claire.

Ce flou conceptuel alimente l’impression que la philanthropie serait réservée à une élite. En outre, certaines barrières perçues par les jeunes adultes leur donnent l’impression que la philanthropie est hors de portée : la moitié des répondants (50 %) croient que la philanthropie est surtout accessible à des personnes mieux établies financièrement ou professionnellement.
Encore plus problématique, deux tiers (66 %) estiment que leurs propres gestes « ne sont pas assez importants » face à l’ampleur des enjeux.
Ce sont des perceptions qu’il faut absolument déconstruire pour permettre à ces générations de prendre la mesure de l’importance et de l’impact de leur engagement.

Les organismes ont donc un rôle clé à jouer pour :

La relève philanthropique québécoise est déjà active et engagée, même si elle peine encore à se reconnaître dans le terme « philanthropie » et surtout à percevoir son propre potentiel d’impact.
Les organismes qui sauront clarifier cet apport, valoriser les multiples formes d’engagement ainsi que le potentiel transformateur de leur contribution seront mieux outillés pour mobiliser cette génération.
La philanthropie de demain ne se construit pas seulement autour de grandes contributions financières, mais autour d’une diversité de gestes – petits et grands – qui, mis ensemble, transforment nos communautés.
Pour cela, investir l’école et l’éducation dès le plus jeune âge est reconnue, par les premiers concernés, comme une avenue à suivre dans les années qui viennent. Il s’agit de planter une graine aujourd’hui pour en récolter les fruits demain.
La tâche des organismes est claire : aider les jeunes à comprendre qu’ils sont déjà des acteurs essentiels du changement social et peuvent y apporter leur contribution singulière par leurs dons et leur engagement.
Adapter les récits et la sollicitation en les alignant aux valeurs qui rejoignent les jeunes et aux causes qui leur tiennent à cœur.

Consultez le document reprenant les faits saillants du sondage:
Consultez le rapport complet du sondage:
Cliquez ici pour consulter le communiqué de presse sur le sondage
Actualités
Actualités
Salle de presse
Salle de presse