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Le billet du carrefour #1 – L’intégration: prendre le temps… pour relier
1 avril 2026
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Le billet du carrefour : une série de réflexions et d’observations de Donald Gingras, au croisement des savoirs et des acteurs du secteur, enrichies par des contributions invitées, pour approfondir la compréhension et l’évolution de la culture philanthropique.

Donald Gingras, conseiller à la mobilisation et au contenu, Institut Mallet
Il y a quelques semaines, mes collègues me proposaient d’écrire un texte pour la page Blogue du site de l’Institut Mallet. L’idée était simple : partager mes constats depuis mon entrée en poste, en septembre dernier, comme conseiller à la mobilisation et au développement des contenus.
Rapidement, une évidence s’est imposée.
À travers les dizaines de rencontres formelles et informelles avec des acteurs de tous les secteurs de l’écosystème philanthropique, les lectures d’articles et de rapports particulièrement éclairants, les sondages, les questions, les doutes et les convictions qui se nuancent… un constat s’est imposé : Ça va me prendre plus qu’un texte.
J’ose commencer par une confidence.
Quand je suis arrivé à l’Institut Mallet, après près de 40 ans de terrain et de réflexion stratégique dans le milieu communautaire plus précisément dans les Patro, je pensais pouvoir contribuer assez rapidement et assez singulièrement au secteur de la culture philanthropique grâce à mon bagage accumulé au fil des années.
Mais il ne m’aura pas fallu un mois pour réaliser que mon expérience acquise allait bien plus me permettre d’apprécier toute la richesse du secteur et de vivre des apprentissages incroyables à vitesse grand V.
Le rôle de carrefour inclusif que joue l’Institut Mallet (au croisement des fondations, du milieu communautaire, des entreprises, des organisations culturelles et des institutions d’enseignement) offre une accessibilité rare et stimulante à des centaines de personnes passionnées.
Des femmes et des hommes profondément engagés, chacun avec son expertise, son angle, son vécu, qui viennent enrichir, confronter et faire évoluer notre compréhension de la philanthropie.
Et c’est là que je réalise que la véritable richesse philanthropique ne se mesure pas uniquement en capitaux financiers, mais en rencontres, en expertises partagées, en points de vue qui se confrontent et en façons de faire qui s’inspirent les unes des autres. Une véritable richesse humaine. Indispensable.
C’est à partir de ce constat, et du potentiel extraordinaire que génèrent ces rencontres, ces échanges et ces découvertes, que j’ai proposé à l’équipe de partager ces observations sous forme de billets, de capsules ou d’entrevues.
D’abord, quel changement pour moi! Passer d’un rôle de direction générale centré sur la décision, l’action et la responsabilité organisationnelle, à un rôle d’analyse, de repérage, de mise en relation et… de perpétuel apprentissage.
Principale différence?
Avoir du temps pour prendre le temps. Pour réfléchir.
Et je dois l’avouer : ce temps vient avec une forme de responsabilité.
Je me sens en dette… il faut que ce temps de réflexion ne reste pas théorique et puisse servir à mes collègues (oui oui mes collègues! on sort un gars du terrain mais pas le terrain du gars 😊) qui à leur tour vivent un quotidien rempli d’urgences, de rebondissements, d’action instantanées et de charge mentale importante.
Les premières semaines ont été teintées d’intégration.
Du nouveau contenu.
Une nouvelle culture.
Un nouveau réseau.
(Sans compter l’adaptation à de nouveaux outils, à une nouvelle arborescence de contenus et à différentes plateformes de communication interne … merci Séverine 🙂.)
Rapidement, je me suis retrouvé plongé dans des dossiers passionnants.
Des dossiers qui, lorsqu’on prend le temps de les relier, se nourrissent les uns les autres.
Et c’est là que je mesure toute l’importance d’une facette essentielle de l’Institut Mallet : le partage des savoirs.
Dans un secteur où tout le monde manque de temps, où les équipes sont souvent absorbées par l’urgence et l’action quotidienne, offrir un temps et un lieu pour réfléchir devient autrement qu’un luxe… mais un effet stratégique !
Mettre en commun les réflexions, les connaissances, les pratiques.
Permettre aux acteurs du secteur de s’enrichir mutuellement.
Créer des ponts là où, trop souvent, chacun avance dans son corridor.
L’événement que l’Institut a mené le 13 novembre dernier sur la relève est un bon exemple de ce partage du savoir de plusieurs manières.
À l’inverse des clichés sur les jeunes (individualistes, impatients, désengagés !?) nous avons pu plonger dans des données d’un sondage, partager un regard éclairé et des témoignages inspirants. Comprendre autrement. Nuancer. Identifier des pistes d’action.
Plusieurs participants nous ont partagé à quel point ces apprentissages leur permettaient de revoir leurs approches, leurs pratiques et leurs façons d’entrer en dialogue avec la nouvelle génération.
C’est exactement ça, le potentiel du partage des savoirs: permettre le recul. Nourrir les réflexions. Et, surtout, transformer en actions concrètes à la couleur de chaque milieu.
Je vous partage ici quelques exemples de ce à quoi peut ressembler être plongé au cœur d’un carrefour du partage des savoirs:
Siéger sur un comité consultatif pour la création d’un parcours universitaire de deuxième cycle en philanthropie
Coanimer des rencontres de consultation avec les panélistes experts du dernier Sommet en vue du prochain.
Découvrir toute la documentation riche en contenu et en réflexion des travaux relativement récents de l’Institut (Merci Christophe !)
Attendre impatiemment à tous les deux mercredis mon courriel de “Ma Veille”, pour découvrir les articles, les documenter pour nos travaux et parfois les partager de façon ciblée.
Être invité à un déjeuner-partage du groupe Les Charitables.
Échanger avec des responsables du PhiLab pour constater l’abondance de sources de recherche en philanthropie disponibles.
Participer à une journée d’échange avec des gestionnaires philanthropiques.
Contribuer à des discussions avec des entrepreneurs à l’École d’entrepreneurship de Beauce.
Assister au dévoilement du rapport Islamophobie et philanthropie de la Fondation Béati.
Ou encore, organiser l’événement de l’Institut sur les jeunes et la philanthropie.
Tout ça, mis ensemble, crée une courbe d’apprentissages impressionnante. La question devient alors la suivante : Comment ne pas seulement accumuler, mais permettre à ces apprentissages de s’imbriquer, de se répondre, de se renforcer? Et surtout, comment partager ce contenu… un contenu qui, au fond, n’appartient pas à une seule personne, à une seule petite équipe, mais à un écosystème entier?
Ce qui s’en vient
C’est dans cet esprit que nous souhaitons vous offrir une série de billets que je vous proposerai (parfois aidé par des « plumes (ou clavier) invitées » à réagir ou partager leur vision) sur divers sujets touchant notre secteur.
Quelques exemples des sujets à venir :
… et plusieurs autres sujets qui émergeront au fil des rencontres et des découvertes.
Dans tous les billets à venir et dans les réflexions qui mèneront au prochain Sommet une constante demeurera : L’humain au centre.
L’humain qui aime. L’humain qui contribue. L’humain qui reçoit. L’humain qui redonne à son tour.
L’humain, tout simplement.